Le Refus du Réel

Le Refus du Réel

Journées régionales de l’Association Lacanienne Internationale Rhône-Alpes

Certaines passions neuves et déroutantes, telles le fantasme de l'intelligence artificielle ou l’antispécisme par exemple, témoignent combien la condition qui est la nôtre peut constituer un insupportable fardeau.

C'est que nous, au contraire de l'animal ou des données numériques, avons irrémédiablement à connaître et à supporter les différentes modalités du manque et surtout que nous en avons le savoir, même si nous nous appliquons à le refuser. La perte, l’insatisfaction, l'absence et l'impossible ne sont pas des événements indésirables ; ils sont bien au contraire constitutifs de l'avènement et de la détermination de notre existence. Mythes, contes et grands récits illustrent et sont structurés par les dimensions symboliques, imaginaires et réelles d'une béance qui leur donne leur forme et leur portée. Force est de constater leur désuétude dans l'esprit du temps qui nous porte, coupables d'y laisser lire encore l'ombre portée d'un père, instance garante seulement d'un lieu vide, condition du désir. Ces grands textes permettaient une possible domestication du Réel au risque de l’occulter et de laisser supposer une instance Une dans l’Autre, c’est à dire dans le Réel.

Notre dépendance au signifiant fait de nous foncièrement des croyants puisqu'une demande est une question qui croit à l'existence d'une réponse, qu'elle prenne la forme d'un cri, d’un espoir ou d'un mot, fut-il d'ordre. Le Réel n'a assurément pas attendu la psychanalyse pour se manifester mais, comme l’a souligné Jacques Lacan, il a pris aujourd'hui le mors aux dents d’une façon inédite dans les conditions de la techno-science auxquelles nous avons désormais à nous plier. Le grand désenchantement que produit la science nouvelle nous affronte au vidage de ce lieu autre. Il peut produire chez certains une mélancolie, d'où la cruauté renouvelée dans cette rage de vouloir colmater ce vide, soit en tentant de restaurer ce Un, soit en se faisant les déchets qui viendraient assurer sa complétude. La pratique de parole et de lecture que constitue la psychanalyse n'a pas pour visée la consolation ou la conformité. Il s’agit de permettre à qui s'y engage de tracer une voie singulière pour prendre en compte, hors du pathos et du traumatisme, les points de réels de sa structure. Nous proposons de travailler autour de ce que nous avons appelé le refus du réel. Pourquoi un tel terme ? Comment pourrait-on refuser ce qui ne cesse pas de ne pas s'inscrire et qui insiste ? La question doit être posée puisque névrose, psychose et perversion ne sont autres que les produits de la rencontre avec les différentes dimensions du réel et sont chacune des modalités hautement spécifiées d'échec pour se défendre de ce réel. Quelles sont aujourd'hui les autres manifestations du refus du réel, particulièrement dans le champ du sexuel ? Quelles sont les inventivités nouvelles dans le rapport au signifiant et à la lettre ? Quels déplacements par rapport au réel et dans le réel peuvent ainsi s’accomplir ? Le corps et son devenir entre transe et occultation, la fonction de la parole, la relation au réel de l’altérité et les destins d’une position féminine sont entre autres des dimensions que nous aurons ainsi à interroger.

PARTICIPANTS

Gérard Amiel, Marianne Amiel-Dal’bo, Pierre Arel, Jean-Paul Beaumont, Christine Bouvier-Muh, Jean-Luc Cacciali, Jean-Louis Chassaing, Alexis Chiari, Thierry Florentin, Fabrizio Gambini, Jean-Paul Hiltenbrand, François Jullien, Malachi Mac Coy, Marc Morali.

Modalités d’inscription sur place :

Tarif : 110 €      Tarif étudiant : 50 €

Du Samedi 01 Octobre 2022 à 09:30 au Dimanche 02 Octobre 2022 à 17:30

Auditorium du Nivolet – CHS de la Savoie - Bassens – 89 Avenue de Bassens – 73000 Bassens (France)

Responsables :
AREL Pierre
CHIARI Alexis