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AU DELA DU REEL? (La sidération de l’insensé)

AU DELA DU REEL? (La sidération de l’insensé)

Ce titre est bien sûr une boutade sur notre actualité « covidienne » de quasi science-fiction, car ce qui couronne de viral le TOUT pandémique, c’est bien que ça nous fait causer, qu’on en parle beaucoup et que ça nous fait réagir aussi beaucoup. Ainsi les variants des 3 consistances toriques ici impliquées, des 3 « co-vides », des trois consistances du symbolique, du réel et de l’imaginaire qui viennent ici à se nouer, c’est la structure langagière causale qui ne tient qu’à la coïncidence nouée de ces trois vides. Le langage est bien le virus le plus pandémique chez les mammifères parlants que nous sommes. Et là dessus il coiffe même au poteau les virus les plus contagieux.

Dans le nouage borroméen structure génératrice de la subjectivité, de la signifiance et ses effets, l’objet a est un coinçage. La structure de son coinçage central se diffracte de façon superposable aux 3 autres coinçages que sont les trois jouissances. Cette structure génératrice permet la répétition c’est-à-dire que dans l’expression des conduites, de la parole, des représentations aussi bien que dans ce qui les limite par la traction opposée, inhibition, symptôme, angoisse, se dégage toujours de la prise un intérêt, une plus-value qui est un ratage qui cause le désir mais qui en est aussi l’issue. Le sujet barré en est l’effet comme effet de signifiant. Ce ratage de saisie alimente ainsi la répétition et sa pérennité pulsatile. La psychanalyse en sa pratique en montre la constante, comme constante humaine dans toutes les cultures, comme structure originaire causale des échanges et des liens et comme structure garante de la pérennité civilisationnelle par la garantie de la relance de la répétition grâce à ce reste, ce trou incomblable dans la satisfaction. Le symbolique troue irrémédiablement l’imaginaire et le réel en une structure complexe qui appelle néanmoins chaque consistance à se lier aux 2 autres. L’ek-sistence du sujet en est l’effet de ce nouage même, en acte, sans que pour autant plus de saisie ou de primauté d’une consistance sur l’autre n’aie lieu.

Une de ses diffractions du coinçage dans la structure (où le coinçage de l’objet a se retrouve superposable au coinçage des jouissances) est ce que Lacan note le SENS dans l’écriture à plat du noeud borroméen à 3. Et c’est à ce coinçage que je vous propose de particulièrement ici nous intéresser. Structure si glissante et à l’opposée si fixatrice dans le maniement technique de l’interprétation en psychanalyse. Structure du sens qui coince avec donc, ce reste de NON-SENS qui assure le jeu articulatoire langagier équivoque: de la métaphore et de la métonymie, de la condensation et de la substitution, de la synchronie et de la diachronie, de la loi du « bon » sens dans l’usage correct d’une langue et de l’intrusion du paradoxe, dans cette doxa de principe et d’usage, que manifeste l’entrée en scène intempestive des lapsus, des mots d’esprit, et ce jusqu’à la poésie, voire au néologisme. Voire aussi jusqu’à la tentation de la réforme vers d’autres issues de sens. Pour le pire ou pour le meilleur. Car par exemple, l’issue peut être celle de la fabrique d’une novlangue  et de l’émergence d’un néo-parler entre initiés repérables entre-eux par cette identité de code et qui peut pousser jusqu’à la ségrégation. Mais l’issue peut aussi être celle d’un signifiant nouveau ouvrant sur une régénération.

Un NON-SENS est différent de l’INSENSE. Comme l’Inconscient freudien est différent de l’Inconscience au sens commun. Car un NON-SENS tient au sens et ce même sans prise de l’un sur l’autre. Comme le Réel ek-siste au SENS mais y tient. Comme le Réel tient au SENS en assurant HORS SENS le lien avec ce qui échappe au sens, mais aussi rend ce sens CONSISTANT et EK-SISTANT c’est-à-dire souple, libre, créatif et régénérateur pour une langue ainsi pérenne de ne pouvoir se fossiliser, se pétrifier.

Ce Réel commun d’un lieu Autre dont parlait Charles MELMAN lors de son séminaire du 18 mars 2021 à l’EPHEP où il nous disait qu’il pouvait faire défaut dans différentes manifestations cliniques communément répandues dans notre actualité. Dans les manifestations cliniques incompréhensibles de l’hyper-agitation motrice chez un enfant apatride et insaisissable sans ce lieu. Dans la clinique des manifestations des communautarismes (de bandes ou autres) où ce lieu ne se vit plus comme commun entre 2 bords. Voire dans les manifestations cliniques de la défiance à la pérennité de la vie et à l’assurance de sa répétition pulsatile telle que décrite précédemment par la recherche d’une réussite absolue, globale et universelle. Si j’ose ici un exemple, je dirais que la nouvelle conception logique du GENRE, renversant dorénavant de son néo-sens l’ancien sens devenu incorrect du sexe, peut aller jusqu’à défier le Réel de justement pouvoir en changer de sexe. Avec la prescription des traitements hormonaux qui peuvent négliger les menaces de stérilités secondaires. Mais aussi ici, ne peut-on pas par ailleurs s’interroger sur ce que veut dire qu’un essai clinique pharmacologique vaccinal sur un groupe de volontaires sains en phase III devienne à présent le groupe de la population mondiale, et dont les volontaires ne le sont plus forcément?

Ici se jouent les manifestations cliniques conséquentes de ce que nous pouvons appeler l’insensé. Et le noeud borroméen peut ici nous aider à distinguer ce carrefour à l’endroit de la structure où différentes conclusions, inclusions, exclusions, forclusions (la demande n’est plus recevable et le dossier de plainte est rejeté), confusions, refontes, refondations, mutations d’écritures visant à dissoudre un sens devenu archaïque ou péjoratif pour en réécrire la nouvelle forme dorénavant acceptable. Bref, une réforme quand ce n’est plus, ou qu’on ne veut plus que ce soit la loi du « bon père de famille » qui opère.

Or nous vivons bien cliniquement actuellement l’expérience immersive épidémique et mondiale, et globale d’une mutation de notre civilisation face à un réel instable sur lequel notre compréhension de savoir et de sens est débordée et remet en cause nos assises de ce qui faisait jusque là état, et états. Les évolutions technologiques surgissent ici avec la hâte conclusive de nouvelles réponses en passages à l’acte successifs dans lesquels nous pouvons repérer la tentation du tout, du PAN. Dès la nomination même de ce qui nous arrive sous le terme approprié ou pas de pandémie. Mais la réponse elle aussi vire au PAN-: panopticum, paninjonctif, prescriptions globales où l’alternative trouve difficilement sa place. Et dont le symptôme se répand telles les épidémies de certains symptômes conversifs hystériques dans telles communautés. 

Nous vivons donc via cet insensé un véritable effet de SIDERATION.

Sidération que j’écris dans le noeud borroméen à partir de l’écriture par Jacques LACAN du noeud sur lequel il s’appuie pour faire valoir la structure phobique des symptômes du petit HANS au moment de leurs mise en suspens sur la crête avant leurs résolution. Mais ici comme le pendant de celui-ci dans un jeu d’équivalence. Sauf que Lacan fait du Réel le trait unaire identificatoire en droite infinie comme liant et axant le glissement du trou du symbolique sur le trou de l’imaginaire. Identification au trait unaire donc identification encore au Père.

Or, ce que la sidération a de SENSATIONNEL, c’est qu’elle se passe de ce trait unaire, pour se centrer sur l’affect: l’angoisse par sa circularité constrictive assure au coeur le noeud réellement ressenti, éprouvé d’une faille, d’un espace d’insensé où le sens est en suspens, écartelé et repoussé dans sa dilution et son éparpillement vers l’infini. Avec ce vertige de réversion où la désorientation est à son comble. La sidération réactualise la structure borroméenne du cercle et de la croix de façon sensationnelle où c’est l’affect à quoi le sujet n’a plus qu’à se tenir. Dans une sensation qui tient les cordes d’un univers de sens devenu littéralement insensé. Le coinçage du sens, tel que la pensée par la mise à plat nodale l’assure dans l’articulation subjective, ici se dissout dans un renversement bouleversant. La projection de la perspective dans la perception imaginaire en convergence (de ce point illusoire de rencontre des 2 droites à l’infini) s’atteint, se fixe en ressenti mais s’ouvre et se dilue en divergence vers l’infini. Le sujet ne peut plus que s’appuyer sur le bord de ce qu’il ressent, de ce qu’il éprouve de l’angoisse comme circonscrivant un vide. Un effet d’immersion topologique du plan projectif dans l’espace à 3 dimensions désoriente et suspend les significations et les représentations comme la fonction de ce point projectif PHI dans le cross-cap structure les surfaces et les coupures selon les lois vertigineuses du renversement. Peut-être que ce fameux « trou-matisme » de Jacques LACAN avec son effet diffractant (comme l’horizontalisation du miroir plan dans l’expérience du schéma optique, ou comme la projection qui se liquéfie dans l’anamorphose quand la surface réfléchissante n’est plus là pour en assurer le déchiffrage de représentation), ici devient situable, dans la forme même qui fond, se liquéfie, se dérigidifie (comme toute surface topologique élastique), devenant le CARREFOUR, « l’asphère » renversante, la plaque tournante de quelque-chose. Ce quelque-chose qui n’est rien d’autre que la structure du langage elle-même telle qu’elle affecte le corps hors semblant, telle qu’elle noue, telle qu’elle fait le sujet qui dans l’après-coup en sera l’effet de fait, de ce qui là aura été fait et viendra faire lieu d’ek-sistence et structure de bord d’un trou causal. C’est ce POINT-TROU du cross-cap que LACAN nous décrit  structuré comme le bord du huit intérieur de la bande de MÖBIUS et comme pouvant en sa fonction reconstituer le biface en monoface et vice-versa. C’est aussi, et c’est ce que j’ai tenter de montrer dans mon texte du séminaire d’été de Lisbonne 2019 (intitulé L’AU DELA PHOBIQUE), cette structure qui permet de passer de la bande de MÖBIUS comme effet de coupure signifiante sur une surface topologique spécifique, par exemple celle du cross-cap (l’inconscient structuré comme un langage sur quoi le signifiant vient découper et définir la topologie de cette surface avec cet effet sujet/objet) au noeud borroméen (à côté duquel passe LACAN, mais de très peu…) dans son séminaire sur L’IDENTIFICATION.

Mais aussi c’est le carrefour, la plaque tournante qui appelle et nécessite que ça cesse (qu’une finitude puisse y reprendre sa place), de conclure et circonscrire à nouveau et en acte une saisie, une prise telle qu’elle puisse  faire retour et inscrire à nouveau le sens, voire un autre sens. Pas sans les accidents possibles du fait de renouer avec le sens dans le nouage ancien ou nouveau, mais dorénavant déterminant de la subjectivité ou du maillage social (discours).

Et ici gare aux réformes et refontes! Gare à cette actualisation de l’ici et maintenant où notre attention ne doit plus flotter car la nouvelle erre du sujet en sera conclusivement dessinée. Ici où quelque nouvel avenir d’une illusion peut advenir, mais aussi où quelques incidents deviennent possibles par quelque franchissement ou affranchissement de jouissance…

C’est ce dont mon intervention de Lisbonne tentait de rendre compte en reprenant les accidents cliniques possibles d’une telle situation à partir d’un cas et où sont détaillées ses 2 impasses évolutives à partir de la plaque tournante de la sidération en tant que coïncidence du rond du réel nouant borroméennement le symbolique et l’imaginaire en droites infinies. Deux droites infinies (dans l’infini potentiel) qui peuvent par la conclusion de leur rebouclage circulaire (dans l’infini actuel) aboutir à une réécriture de la structure nodale du langage. Comme cette conclusion cauchemardesque d’un noeud à 2 avec la mise en continuité du symbolique et de l’imaginaire, où des symboles viennent dorénavant baliser l’espace du sujet qui en a peur, les évite, voire règle ses conduites sur leurs interdits. Comme aussi cette autre conclusion en enchainement trivial du symbolique et de l’imaginaire où le pseudo-coinçage du réel ne pourra être assuré que par le nouveau sens idéologique supplétif ici nécessaire à restabiliser la structure. Néologisme de sens supplétif d’un Réel devenu accessoire. Idéologie neuve venant dicter de son nouveau bon sens le nouveau bien-parler dans le forçage d’une cohérence qui vient suppléer à une ancienne cohérence disparue. 

Questionnons l’avenir d’une illusion pour conclure en restant sur la boutade introductive. Pourquoi le bon traitement ANTI-SCEPTIQUE du sens chez l’être parlant ne pourrait-il pas devenir le virucide réparateur de l’infection causale qui affecte tant de son doute beaucoup de ses affirmations, qui affecte tant d’un défaut fondamental sa recherche de la vérité, qui affecte tant la confiance si forcément relative en son ego, qui affecte tant de ses malentendus les mésententes dans lesquelles il se débat si douloureusement? Mais que donnerait-il donc ce sujet qui ne douterait de rien quant au sens de ce qu’il penserait, dirait, entendrait, lirait, interprèterait?

id unaire et divisée 1sidération du renversement 2lien entre bdm et NBo3 3rétablissement unaire dans la confusion du fantasme 4spécularité cernant linspécularisable dans le fantasme 56

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